Comment éliminer efficacement la remontée d’odeur dans les canalisations

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Un matin, une odeur d’égout envahit la cuisine de Marie, pourtant soigneuse sur l’hygiène de son logement. En quelques jours, le confort du foyer se dégrade : cuisine impraticable, invités gênés, fenêtres grandes ouvertes même en hiver. La remontée d’odeur dans les canalisations ne se résume jamais à un simple désagrément ; elle signale presque toujours un déséquilibre dans le réseau d’évacuation, un bouchon de canalisation en formation ou un défaut de ventilation. Avant d’acheter des produits agressifs, il existe une approche plus méthodique : comprendre l’origine des odeurs domestiques, agir avec des solutions naturelles, puis sécuriser l’entretien de la plomberie dans la durée.

Entre cuisine, salle de bains et WC, chaque point d’eau raconte une histoire différente : siphon désamorcé, graisse figée dans un coude, fosse septique saturée, chauffe-eau colonisé par des bactéries sulfato-réductrices. Ces problèmes de canalisations influencent directement la qualité de l’air intérieur, au même titre que l’humidité ou les moisissures sur les murs. Selon l’ADEME, un logement mal ventilé concentre davantage de polluants, y compris les gaz émis par les réseaux d’assainissement. Aborder la question des « mauvaises odeurs » revient donc à traiter un sujet de santé domestique autant qu’un sujet de confort. Ce guide propose une démarche progressive : identifier la cause, tester des recettes écologiques, organiser le nettoyage des tuyaux, puis savoir quand confier le problème à un professionnel, sans gaspillage de produits ni travaux inutiles.

En bref

  • Diagnostiquer l’origine : siphon vide, bouchon organique, défaut de ventilation, fosse septique ou chauffe-eau contaminé.
  • Éliminer les odeurs avec des combinaisons bicarbonate, vinaigre, eau bouillante, marc de café ou yaourt fermenté, avant d’envisager des produits anti-odeurs plus puissants.
  • Organiser un débouchage de canalisation raisonné : ventouse, furet, démontage de siphon, cristaux de soude et rinçage abondant.
  • Prévenir durablement grâce à des gestes simples : filtres sur bondes, tri des déchets gras, entretien du chauffe-eau, contrôle de la fosse septique.
  • Faire intervenir un plombier dès que les remontées persistent, que des gargouillis apparaissent ou qu’un refoulement d’égout menace l’hygiène de la maison.

Identifier les causes d’une remontée d’odeur dans les canalisations

Avant de chercher à éliminer les odeurs, la priorité consiste à comprendre ce qui se passe dans le réseau d’évacuation. Sans ce diagnostic, chaque tentative de traitement risque de rester ponctuelle et les effluves reviennent au moindre changement d’usage, comme un long week-end d’absence ou un gros lavage en machine.

Dans le cas de Marie, l’odeur se concentrait autour de l’évier de cuisine et s’intensifiait après la vaisselle. Ce simple indice oriente déjà vers un problème localisé dans le siphon ou le premier tronçon de canalisation. Lorsque l’odeur se diffuse dans plusieurs pièces à la fois, comme la salle de bains et les WC, le regard doit plutôt se tourner vers la colonne de chute, la fosse septique ou la ventilation du réseau.

Garde d’eau trop basse et siphon désamorcé

Le siphon représente la première barrière contre les odeurs domestiques. Il retient quelques centimètres d’eau, la « garde d’eau », qui forme un bouchon hydraulique. D’après les recommandations techniques du CSTB, cette hauteur atteint en général 5 cm sur les siphons courants. Dès que ce niveau descend, les gaz issus des eaux usées s’échappent librement vers la pièce.

Un siphon désamorcé se détecte facilement : après plusieurs jours sans utiliser un lavabo ou une douche, l’odeur devient plus marquée dès l’ouverture de la porte. L’eau s’est évaporée et le tuyau ne joue plus son rôle de barrière. Un simple écoulement d’eau rétablit temporairement la situation, mais si la garde d’eau reste trop faible, le problème réapparaît. Une canalisation mal conçue ou une ventilation défaillante peut aussi aspirer l’eau du siphon à chaque chasse d’eau voisine.

Accumulation de matières organiques et bouchon de canalisation

La cause la plus fréquente de remontée d’odeur réside dans l’accumulation progressive de matières organiques : cheveux, graisses, restes de nourriture, dentifrice séché, savon figé. Dans une cuisine, une eau très chaude qui transporte des graisses liquides provoque souvent, en refroidissant, la formation d’un anneau gras à l’intérieur du tube. Ce dépôt retient tout ce qui passe, jusqu’à créer un bouchon de canalisation.

Les premiers signaux sont discrets : écoulement plus lent, léger gargouillis, odeur ponctuelle après chaque vidage de bac. Sans réaction, le dépôt fermente, libère du gaz H2S (hydrogène sulfuré) et la remontée d’odeur commence à se faire sentir dans toute la pièce. Cette situation rappelle l’importance d’un nettoyage des tuyaux préventif, à intervalles réguliers, plutôt qu’un débouchage d’urgence sous stress.

Fosse septique, ventilation et chauffe-eau : les causes souvent oubliées

Dans les maisons non raccordées au tout-à-l’égout, les eaux usées rejoignent une fosse toutes eaux. Une fosse non vidangée depuis trop longtemps ou ventilée dans le mauvais sens peut générer des remontées de gaz jusque dans les pièces. L’ANSES rappelle que l’hydrogène sulfuré dégagé par les fosses septiques se montre à la fois inflammable et toxique à forte concentration ; une ventilation adaptée reste donc indispensable.

Autre source sous-estimée : le chauffe-eau. Quand des bactéries sulfato-réductrices colonisent la cuve, l’eau chaude prend une odeur d’œuf pourri qui se perçoit surtout dans la douche. Le réseau d’assainissement n’est pas en cause, mais le ressenti pour l’occupant reste le même. Un contrôle annuel par un professionnel, avec réglage de la température et détartrage, limite ce phénomène.

Enfin, un défaut sur la ventilation primaire ou sur un clapet anti-retour peut ventiler la colonne de chute vers l’intérieur du logement plutôt que vers le toit. Ce type de dysfonctionnement explique parfois une remontée d’odeur dans les canalisations diffuse, présente dans plusieurs pièces, sans écoulement particulièrement lent.

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Une fois la cause présumée identifiée, l’étape suivante consiste à agir avec des solutions naturelles, en réservant les produits chimiques aux situations vraiment bloquantes.

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Utiliser des solutions naturelles pour éliminer les odeurs de canalisations

Avant de se tourner vers les produits anti-odeurs industriels, souvent chargés d’agents corrosifs, de nombreux foyers testent des mélanges simples à base de vinaigre, bicarbonate, eau bouillante ou marc de café. Ces combinaisons respectent davantage la faune bactérienne des systèmes d’assainissement individuel, limitent les rejets toxiques et réduisent la facture d’entretien.

Contrairement à certaines idées reçues, ces recettes ne relèvent pas seulement des « astuces de grand-mère ». L’ADEME rappelle par exemple que le bicarbonate de soude neutralise efficacement les acides et certaines odeurs, tandis que le vinaigre blanc dissout une partie des dépôts calcaires. Bien utilisés, ces produits ménagers simples contribuent à un entretien de la plomberie beaucoup plus vertueux que l’usage régulier de déboucheurs à base de soude caustique ou d’acide sulfurique.

Bicarbonate, vinaigre blanc et eau bouillante : la combinaison de base

Pour un évier de cuisine ou un lavabo de salle de bains, la méthode la plus polyvalente s’appuie sur trois éléments : bicarbonate, sel, vinaigre et eau bouillante. Le principe consiste à décoller les résidus, puis à les entraîner avec un rinçage puissant.

Une routine efficace peut suivre les étapes suivantes :

  • verser une cuillère à soupe de bicarbonate et une cuillère de sel fin directement dans la bonde ;
  • ajouter un verre de vinaigre blanc, laisser mousser et agir 30 à 60 minutes ;
  • terminer par 1 litre d’eau frémissante pour entraîner les dépôts ramollis.

Pour un entretien mensuel, cette séquence limite nettement la formation de bouchons et contribue à éliminer les odeurs sans abîmer les joints. Selon les retours d’expérience collectés par plusieurs offices HLM, une application mensuelle réduit significativement les interventions de débouchage en habitat collectif.

Marc de café, glaçons de vinaigre et yaourt fermenté : trois astuces complémentaires

Le marc de café intrigue souvent : utilisé en excès, il aggrave la situation, mais manipulé avec parcimonie, il aide à « racler » les parois. Une demi-cuillère à soupe, suivie de quelques secondes d’eau chaude, suffit à provoquer un léger effet abrasif. Répété sur plusieurs jours, ce geste contribue à maintenir des conduits plus propres, en complément du mélange bicarbonate-vinaigre.

Autre idée intéressante : congeler du vinaigre blanc dans des bacs à glaçons. Un glaçon glissé dans l’évier une fois par mois libère progressivement le vinaigre dans la partie supérieure de la canalisation. Cette technique offre une désinfection douce, utile dans les logements où certains siphons restent longtemps inutilisés, comme une salle d’eau d’appoint.

Plus surprenante encore, l’astuce du yaourt « oublié » à température ambiante pendant quelques jours puis versé dans la bonde avant une période de repos. Les bactéries lactiques colonisent temporairement les dépôts organiques et rééquilibrent la flore microbienne. Cette pratique s’inspire des techniques de bio-curage utilisées en assainissement collectif, mais de manière artisanale. Elle garde surtout un intérêt pour les réseaux peu sollicités.

Pourquoi limiter les déboucheurs chimiques et l’eau de Javel ?

Les déboucheurs du commerce à base de soude ou d’acide restent efficaces pour dissoudre un bouchon massif, mais leur usage préventif, chaque mois, crée un risque réel pour la longévité des conduits. Selon plusieurs fabricants de raccords de plomberie, ces produits accélèrent le vieillissement de certains joints et fragilisent les sections anciennes en fonte ou en PVC.

L’eau de Javel pose un autre problème : elle désinfecte fortement, mais ne résout pas un bouchon de canalisation. Elle se contente de masquer les odeurs domestiques pendant quelques heures. Dans une fosse septique, elle déséquilibre la flore bactérienne indispensable au traitement des effluents, ce qui augmente à terme la fréquence de vidange. Sur le plan écologique, elle génère en plus des sous-produits chlorés indésirables.

Pour toutes ces raisons, la stratégie la plus durable consiste à réserver les produits chimiques forts aux urgences, après échec des méthodes manuelles et naturelles. Dans de nombreux cas, un mélange bicarbonate-vinaigre bien utilisé, combiné à un entretien mécanique régulier, suffit à stabiliser la situation.

Les odeurs persistantes malgré ces solutions signalent un problème plus structurel, qui impose souvent un nettoyage mécanique plus poussé.

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Organiser un nettoyage mécanique et un débouchage de canalisation efficaces

Lorsque les recettes écologiques ne suffisent plus, le nettoyage des tuyaux doit devenir plus offensif. L’objectif consiste alors à retirer physiquement le bouchon plutôt qu’à simplement l’attaquer par l’amont. Pour Marie, c’est ce changement d’approche, avec démontage du siphon et utilisation d’un furet manuel, qui a mis fin durablement aux effluves de cuisine.

Cette étape impressionne parfois les particuliers, alors qu’elle suit une logique simple : protéger la zone, démonter, curer, rincer, remonter. Une méthodologie organisée évite les dégâts d’eau et limite la durée d’intervention à quelques dizaines de minutes.

Démonter et nettoyer le siphon pas à pas

Le siphon concentre souvent la majorité des déchets, en particulier sur les éviers de cuisine. Un démontage contrôlé permet de vérifier l’état général de la plomberie visible. La séquence suivante apporte un cadre sécurisé :

  1. poser une bassine ou un seau sous le siphon pour recueillir l’eau stagnante ;
  2. dévisser doucement les bagues de fixation à la main, ou à la pince sur les modèles anciens ;
  3. vider le contenu, retirer cheveux, morceaux de savon, graisses figées ;
  4. rincer les éléments avec de l’eau chaude savonneuse ;
  5. remonter le tout en vérifiant les joints puis tester l’étanchéité en faisant couler l’eau quelques minutes.
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Ce geste de base transforme déjà la situation dans une majorité de logements. Il redonne au siphon sa garde d’eau correcte, supprime une partie de la source de la remontée d’odeur dans les canalisations et prépare le terrain pour un éventuel passage de furet.

Ventouse, furet et cristaux de soude : compléter le nettoyage

Quand le bouchon se trouve plus loin que le siphon, une ventouse permet de le déplacer vers l’amont. Il suffit de bouchonner les arrivées d’air voisines (trop-plein, seconde bonde) avec un chiffon humide, puis de pomper énergiquement. Ce mouvement décolle certains bouchons souples, notamment dans les douches et baignoires.

Le furet mécanique, ou furet de plomberie, s’impose ensuite pour aller chercher les résidus plus éloignés. Ce câble flexible muni d’une pointe en forme de tire-bouchon progresse dans le tuyau jusqu’à rencontrer une résistance. En tournant la poignée, l’utilisateur accroche le bouchon, puis le fragmente ou le ramène. Cette solution reste particulièrement intéressante pour une canalisation de douche encombrée de cheveux.

Enfin, les cristaux de soude offrent un compromis entre efficacité et impact environnemental. Une tasse versée dans la bonde, suivie d’eau très chaude, dissout les graisses épaisses. Selon les fiches de sécurité, ces cristaux demeurent alcalins et nécessitent le port de gants, mais ils présentent un profil toxicologique moins problématique que de nombreux déboucheurs commerciaux.

Comparer les méthodes de débouchage domestiques

Chaque situation appelle un outil différent. Le tableau suivant propose un repère pour choisir la méthode la plus pertinente en fonction du symptôme observé.

Méthode de débouchage Type de problème ciblé Avantages principaux Limites à connaître
Bicarbonate + vinaigre + eau bouillante Dépôts légers, début de bouchon, odeurs récentes Écologique, économique, préventif Insuffisant sur bouchon compact ou ancien
Démontage de siphon Bouchon localisé sous évier ou lavabo Nettoyage complet, contrôle visuel Demande un minimum de dextérité
Ventouse Bouchon souple proche de la bonde Rapide, pas de démontage Inefficace sur dépôts durs ou lointains
Furet de plomberie Bouchon plus distant dans la canalisation Portée importante, action mécanique Risque de rayer certains tuyaux fragiles
Cristaux de soude Graisses figées, savon durci Puissant sur les lipides, coût modéré Nécessite des gants, rinçage abondant

Lorsque ces méthodes combinées ne suffisent plus, l’appel à un professionnel équipé pour l’hydrocurage et l’inspection caméra devient la suite logique. Avant d’en arriver là, la prévention joue un rôle décisif.

Prévenir durablement les odeurs de canalisations et protéger l’hygiène de la maison

Traiter le symptôme ne suffit pas ; sans changements de pratiques, les odeurs domestiques réapparaissent au fil des mois. La prévention s’organise autour de trois axes : limiter les apports problématiques, entretenir régulièrement, surveiller les éléments sensibles du réseau (chauffe-eau, fosse septique, ventilation).

Dans beaucoup de foyers, les déchets alimentaires et les corps gras constituent la source numéro un de difficulté. Un simple filtre posé sur la bonde et une habitude de racler les assiettes avant rinçage modifient déjà profondément la vie des canalisations. Cette approche s’inscrit dans la même logique que la lutte contre les moisissures sur les parois : maîtrise de l’humidité, contrôle des apports et ventilation adaptée, comme détaillé dans l’article dédié à l’élimination de la moisissure sur les murs.

Gestes quotidiens pour limiter l’encrassement

Une routine simple protège efficacement le réseau domestique :

  • vider les restes solides dans le compost ou la poubelle avant lavage des plats ;
  • essuyer grossièrement les poêles grasses avec un papier ou un chiffon avant passage sous l’eau ;
  • installer des grilles filtrantes sur les douches pour retenir cheveux et poils ;
  • nettoyer ces filtres tous les deux à trois jours pour éviter leur colmatage.

Ces gestes réduisent fortement la fréquence de débouchage de canalisation et éloignent le recours aux produits agressifs. Ils s’articulent naturellement avec une démarche globale de réduction des déchets et de protection des milieux aquatiques.

Entretien périodique de la plomberie, du chauffe-eau et de la fosse

Un calendrier d’entretien simple peut servir de repère :

  • tous les mois : verser eau bouillante et vinaigre dans les points sensibles, comme l’évier de cuisine ;
  • tous les 6 à 12 mois : contrôle visuel sous les éviers, recherche de traces d’humidité ou de fuites autour des siphons ;
  • tous les ans : inspection et entretien du chauffe-eau, avec détartrage si nécessaire ;
  • tous les 4 ans environ : vidange de fosse septique, en s’assurant que le niveau de boues ne dépasse pas 50 % du volume, comme le rappelle le Code de la santé publique.

Cette régularité protège non seulement la qualité de l’air intérieur, mais aussi la structure du bâtiment. Une canalisation qui déborde derrière un doublage peut favoriser l’humidité dans les cloisons et, à terme, des salpêtre ou moisissures. Dans les cas où les murs montrent des signes d’humidité ascensionnelle, la pose d’une barrière anti-humidité dans le sol peut compléter la démarche de prévention globale.

Ventilation, drainage et cohérence de l’ensemble du bâti

Une remontée d’odeur dans les canalisations se combine parfois à d’autres symptômes : condensation sur les vitres, zones noircies près des fenêtres, odeur de renfermé générale. Dans ces situations, la plomberie ne constitue qu’un maillon de la chaîne. Un système de ventilation efficace (VMC entretenue, bouches nettoyées, entrées d’air non obstruées) participe à évacuer les gaz résiduels.

Le drainage extérieur de la maison joue aussi son rôle : un terrain saturé d’eau ou une descente pluviale défectueuse alourdissent la charge sur les réseaux d’évacuation. La vision globale du bâtiment, chère aux démarches de rénovation écologique, incite à ne pas isoler le problème des canalisations du reste du comportement hygrothermique du logement.

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La prévention passe donc par une série de réglages fins, répartis dans le temps, plutôt que par un grand ménage ponctuel. Quand ces efforts ne suffisent plus, l’expertise d’un professionnel de la plomberie apporte des solutions plus radicales.

Faire intervenir un professionnel pour traiter les odeurs de canalisations persistantes

Certaines situations dépassent le cadre du bricolage domestique. Odeurs persistantes malgré toutes les méthodes, bruits de gargouillis dans plusieurs pièces, refoulements d’eau sale après orage : ces signaux indiquent que le réseau réclame un diagnostic approfondi. Les entreprises d’assainissement disposent d’un matériel et d’une expérience impossibles à reproduire avec les seuls outils grand public.

Pour un propriétaire comme Marie, le recours à un plombier a représenté un tournant : en moins de deux heures, le professionnel a identifié un défaut de pente sur une section de tuyau lors d’une rénovation ancienne, cause réelle des stagnations récurrentes. Un simple redressage de cette portion a supprimé définitivement les effluves, alors que les traitements maison n’apportaient qu’un répit.

Signes qui doivent alerter et déclencher un appel

Plusieurs indices méritent une intervention rapide :

  • odeur d’égout généralisée dans plusieurs pièces, non localisable à un seul siphon ;
  • refoulements d’eaux usées dans la douche, les WC ou les siphons de sol ;
  • gargouillis répétés dans les colonnes, surtout après utilisation des WC ;
  • odeurs à l’extérieur près de la trappe de fosse septique ou des ventilations.

Dans ces cas, une simple tentative de débouchage de canalisation à la ventouse risque de déplacer le problème sans le résoudre. Une inspection structurée s’impose.

Outils professionnels : caméra, hydrocurage et réparations ciblées

Les canalisateurs et plombiers spécialisés mobilisent plusieurs technologies complémentaires :

  • inspection vidéo par caméra insérée dans la canalisation, qui repère fissures, racines, contre-pentes ou bouchons de graisse massifs ;
  • hydrocurage haute pression, qui projette de l’eau à grande vitesse pour désincruster les parois sur plusieurs dizaines de mètres ;
  • tests de fumée sur le réseau d’évacuation pour localiser les fuites de gaz d’égout responsables d’odeurs intérieures.

Selon les données publiques des chambres de métiers, ces interventions se facturent généralement entre quelques centaines et plus de 1 000 € pour un réseau très encrassé, en fonction de la longueur de canalisation et de l’accessibilité. Toutefois, un hydrocurage bien mené offre un effet durable, parfois pour plusieurs années, surtout si les gestes préventifs sont mis en place ensuite.

Dans les configurations avec fosse septique, le professionnel vérifie aussi la ventilation haute, l’absence de colmatage et la nécessité d’une vidange. La loi impose d’ailleurs une vidange régulière, généralement tous les quatre ans, ce qui contribue directement à limiter les odeurs domestiques à proximité de l’habitation.

Intégrer l’assainissement à une stratégie globale de logement sain

Un réseau d’évacuation en bon état participe pleinement à un habitat durable : risque réduit de dégâts des eaux, limitation des gaz irritants, odeurs maîtrisées, meilleure valorisation du bien immobilier. Selon l’INSEE, plus de 50 % des ménages français vivent en maison individuelle, souvent avec des installations anciennes qui méritent un contrôle périodique.

Pour les propriétaires engagés dans une rénovation énergétique ou un aménagement écologique du jardin, prendre en compte l’entretien de la plomberie et de l’assainissement évite les mauvaises surprises. Les eaux usées rejoignent presque toujours un milieu naturel, directement ou après station d’épuration. Limiter les solvants, les détergents agressifs et les déboucheurs chimiques s’inscrit dans une cohérence globale avec les autres choix de matériaux biosourcés ou de gestion de l’eau pluviale.

Une remontée d’odeur dans les canalisations doit donc être lue comme un signal d’alerte positif : elle pousse à revisiter la manière dont le logement respire, évacue, filtre et traite ses eaux usées. En traitant cette alerte avec méthode, le foyer retrouve un air intérieur sain, durablement stabilisé.

Combien de temps laisser agir le mélange bicarbonate et vinaigre dans une canalisation malodorante ?

Pour traiter une odeur déjà installée, il est conseillé de laisser agir le bicarbonate et le vinaigre au moins 30 minutes, idéalement 1 heure, avant de verser l’eau bouillante. En entretien préventif, une action de 20 à 30 minutes suffit. Si l’odeur revient rapidement, il faut compléter par un nettoyage mécanique du siphon, car le mélange ne dissout pas les gros amas de cheveux ou de graisse compacte.

À quelle fréquence réaliser un entretien écologique des canalisations ?

Un entretien mensuel avec eau bouillante et vinaigre blanc sur les éviers et douches les plus utilisés constitue une bonne base. On peut y ajouter, tous les deux à trois mois, un passage au bicarbonate ou aux cristaux de soude sur les points sensibles. En parallèle, un contrôle annuel du chauffe-eau et un suivi de la fosse septique tous les quatre ans complètent la stratégie de prévention des remontées d’odeur.

Quand les mauvaises odeurs indiquent-elles un risque de refoulement d’égout ?

Le risque augmente lorsqu’une odeur d’égout forte s’accompagne de gargouillis, d’un écoulement très lent ou de remontées d’eau sale dans la douche ou le siphon de sol. Si ces signes apparaissent après de fortes pluies ou lorsque plusieurs appareils fonctionnent en même temps, le réseau peut être proche de la saturation. Dans ce cas, il est prudent de solliciter un professionnel pour éviter un dégât des eaux et un débordement dans le logement.

Les huiles essentielles suffisent-elles à éliminer les odeurs de canalisations ?

Les huiles essentielles ne résolvent pas la cause des mauvaises odeurs. Elles parfument l’air un temps, mais ne retirent ni graisses, ni cheveux, ni blocages. Certaines, grasses, peuvent même participer à l’encrassement des parois. Elles doivent donc rester un complément ponctuel, par exemple dans un diffuseur d’air, jamais un substitut au nettoyage de la plomberie ni aux méthodes de débouchage.

Peut-on utiliser régulièrement des produits anti-odeurs chimiques en prévention ?

Les produits anti-odeurs chimiques vendus en grande surface sont conçus pour traiter un problème ponctuel, pas pour l’entretien courant. Utilisés trop souvent, ils exercent une action corrosive répétée sur les joints et certaines canalisations anciennes. Il est préférable de les réserver aux cas d’odeurs tenaces, après échec des méthodes naturelles, puis de revenir à un entretien préventif doux, basé sur l’eau chaude, le vinaigre et le bicarbonate.

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